“There is only one way to eat an elephant: one bite at a time.”
“Il n’y a qu’une seule façon de manger un éléphant: une bouchée à la fois.”
– Desmond Tutu
***Français plus bas*** (J’alternerai l’ordre entre le français et l’anglais d’une infolettre à l’autre 😉 ).
The first bite is to commit.
For me, that means committing to someone I forbid myself from disappointing. It happened somewhat unwittingly at the AKOR conference evening in February. While buying dehydrated smoothies at the Happy Yak kiosk, I talked about my expedition. Then, I mentioned it to Nicolas, one of the authors of the expedition story “234 jours.” On the way home, my partner pointed out that it was the first time I’d talked about my travel idea as something concrete. At the time, I was excited. The next day, I was anxious. And the anxiety lasted a long time.
I procrastinated for months. I wrote a lot. As I wrote, I realized how much the fear of failure dominated my decision-making process.
The second bite is imposter syndrome.
The feeling of being an imposter is a bit like the hot sauce of creativity (of any project, really), but it’s the kind of hot sauce that takes over all the other flavours, that gives you the sweats, and that makes your nose run like a fountain. At a certain point, you have to choose: you have to stop spreading it everywhere.
The beginner’s posture seems to me the ideal remedy for the second bite (so it’s… the milk… of creativity?). I’ve often avoided starting new activities, especially in front of other people, for fear of making a fool of myself. I’ve stayed at the bottom of the climbing wall for so many demos and open houses because of this silly fear. Yet, when you start a new activity, it’s normal not to know everything and to make mistakes. So, consciously, I focus on this: if I accept that I know nothing and that I have everything to learn, fear lets go of the steering wheel.
All the other bites are part of the logistics: it’s a long process of gathering information and a series of decisions.
Here are a few activities I’ve done over the past few months that were paralyzing me in February:
- Take a mountain navigation course. The goal is to gain confidence and independence in order to feel safe in the mountains. Thanks to Orientation Azimut for the advice, training, and suggestions for GPS and InReach.
- Calling insurance companies in the UK about car insurance. Doing it here, in French, in Quebec, is tedious. With the international call being a pain, the accents, the speed of speech, and the different laws, it was a major challenge. In the end, it didn’t work, but I brushed up on my English.
- Shopping for car rental options. 28 days with insurance, or 119 days without insurance (insurance separate), or 90 days with insurance + 30 days to be reserved later… a headache. Good news: I found my car and it’s reserved :-).
- Buying excellent health insurance – done. Thanks, AAA.
- Finding a long-term, affordable housing option. Done! Thanks to my former university in Scotland, Stirling University!
- Walking and exercising every day… or almost. Thanks to my kinesiotherapist Jonathan for the plan and to my friend and adventurer Éloïse for the tips and adjustments.
- Preparing the gear: boots, socks, coats, layered clothing, etc. This section deserves a newsletter of its own!
- Make flexible plans. For this trip, this is my big challenge: making flexible plans. In Ireland in 2017, I encountered several situations I hadn’t planned for and over which I had no control (bad weather, floods). On the second day of walking, I injured myself. In the days following the incident, I racked my brains to adjust my plan. I had planned a mega-rigid schedule to commit 100%… to prevent myself from “flaking”. What a hassle it was, changing that plan! And what an emotional rollercoaster “failing in public,” on my blog, in front of my colleagues, friends, and family members. Preparing for Scotland 2025 made me realize that I hadn’t completely gotten rid of that shame.
This time, I’m preparing for multiple scenarios AND making room for contingencies. Planning this way is more complex and less instinctive, since there are still many unknown factors in the equation. I’m moving forward with the AGILE method… hee hee. - Finding ways to fund the project. I’ve applied for several different scholarships, and I’ve just been awarded one by the University of Sherbrooke (thank you!!). Also, to fund this huge project, I need to get over my ego and my difficulty asking for help (and accepting it). Thank you to those who donated through my Go Fund Me. For those who donated through my blog’s Contribute page and chose this souvenir, I can’t wait to send you your postcards!
- Order some delicious camping meals. THANK YOU, HAPPY YAK!
I love planning trips; I never tire of the million little details to think about. The moment that makes me most insecure is when I’m about to take action: purchasing things. The trip becomes a reality then. Dreaming is easy (for me). Taking the plunge is very nuanced.
My plane tickets are bought. I’m leaving for real. For real, for real. Thank you for your help, thank you for reading, and thank you for sharing this experience with me.
If you want a souvenir and, at the same time, give me a financial boost, go here; I’ve planned lots of different gifts for you 🙂 .
Metta,
Suzanne
PS: For those of you who’ve been dreaming of spring, here are some photos from a stroll through the Université Laval community gardens and the Van den Hende gardens (and the surprise appearance of a special guest). The daffodils are almost there:
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Manger l’éléphant
La première bouchée, c’est de se commettre.
Pour mois, cela signifie de m’engager auprès de quelqu’un que je m’interdis de décevoir. Ça s’est produit un peu à mon insu, lors de la soirée-conférence d’AKOR en février. En achetant des smoothies déshydratés au kiosque de Happy Yak, j’ai parlé de mon expédition. Puis, j’en ai glissé un mot à Nicolas, l’un des auteurs du récit d’expédition “234 jours“. Sur la route de la maison, mon conjoint m’a fait remarqué que c’était la première fois que je parlais de mon idée de voyage comme quelque chose de concret. Sur le coup, j’étais excitée. Le lendemain, j’étais anxieuse. Et l’anxiété a duré longtemps.
J’ai procrastiné pendant des mois. J’ai écrit beaucoup. Au fil de l’écriture, j’ai réalisé à quel point la peur de l’échec dominait ma prise de décision.
La deuxième bouchée, c’est le syndrome de l’imposteur.
Le sentiment d’imposteur est un peu la sauce piquante de la créativité (de n’importe quel projet, en fait), mais c’est le genre de sauce piquante qui empêche de goûter le reste, qui provoque des vagues de chaleur et qui fait couler du nez. À un certain point, il faut choisir: il faut arrêter d’en mettre partout.
La posture du débutant me semble le remède idéal pour la deuxième bouchée (c’est donc… le lait… de la créativité?). J’ai souvent évité d’entamer de nouvelles activités, surtout devant d’autres gens, par peur de faire une folle de moi. Je suis restée en bas du mur d’escalade pendant combien de démos et de journées portes ouvertes, à cause de cette foutue peur-là. Pourtant, quand on entame une nouvelle activité, c’est normal de ne pas tout savoir et de faire des erreurs. Alors, consciemment, je me concentre là-dessus: si j’accepte que je ne sais rien et que j’ai tout à apprendre, la peur lâche le volant.
Toutes les autres bouchées, c’est de la logistique: une longue collecte d’informations et la succession de mille et une décisions.
En rafale, au cours des derniers mois, voici quelques activités que j’ai réalisées et qui me tétanisaient en février:
- Suivre un cours d’orientation. Le but est de gagner en certitude et en autonomie pour me sentir en sécurité dans les montagnes. Merci à Orientation Azimut pour les conseils, la formation et les suggestions de GPS et de InReach.
- Appeler des compagnies d’assurances au Royaume-Uni au sujet d’assurance auto. Faire ça ici, en français, au Québec, est laborieux. Avec l’appel international qui griche, les accents, la vitesse d’élocution et les lois qui diffèrent, ça a été un défi de taille. Au final, ça na pas fonctionné, mais j’ai dérouillé mon anglais.
- Magasiner les options de locations de véhicules. 28 jours avec assurance, ou 119 sans assurance (assurance à part), ou 90 jours avec assurance + 30 jours à réserver ultérieurement… un casse-tête. Bonne nouvelle: j’ai trouvé mon auto et elle est réservée :-).
- Acheter une excellente assurance santé – c’est fait. Merci CAA.
- Trouver une option de logis à long terme et pas trop dispendieuse. C’est fait! Merci à mon ancienne université en Écosse, Stirling University!
- Marcher et s’entraîner tous les jours… ou presque. Merci à mon kiné Jonathan pour le plan et à mon amie et aventurière Éloïse pour les astuces et ajustements.
- Préparer l’équipement: bottes, bas, manteaux, vêtements multi-couches, etc. Ce volet mérite une infolettre à lui seul!
- Prévoir des plans flexibles. Pour ce voyage, c’est mon gros défi: organiser des plans amovibles. En Irlande, en 2017, j’ai été confrontée à plusieurs situations que je n’avais pas prévues et sur lesquelles je n’avais pas de contrôle (température non-clémente, inondations). Lors de la deuxième journée de marche, je me suis blessée. Pendant les journées qui ont suivi l’incident, je me suis cassé la tête à ajuster mon plan. J’avais planifié un horaire méga-rigide pour me commettre à 100%… pour m’empêcher de “choker”. Quelle galère ça a été, modifier cette planification! Et quelles montagnes-russes émotionnelles “d’échouer en public”, sur mon blog, devant mes collègues, amis-es et membres de ma famille. Préparer l’Écosse 2025 m’a fait réalisé que je n’avais pas complètement évacué cette honte-là.
Cette fois-ci, je me prépare pour plusieurs scénarios ET je fais de la place pour les imprévus. Planifier ainsi est plus complexe et moins instinctif, puisqu’il reste beaucoup de facteurs inconnus dans l’équation. J’avance à la méthode AGILE… hihihi. - Trouver des façons de financer le projet. J’ai postulé pour plusieurs bourses différentes et l’une d’elles vient de m’être octroyée par l’Université de Sherbrooke (merci!!). Aussi, pour financer cet énorme projet, j’ai besoin de passer par-dessus mon égo et ma difficulté à demander de l’aide (et à l’accepter). Merci à celles et ceux qui ont donné via mon Go Fund Me. Pour celles et ceux qui ont donné via la page Contribuez de mon blog et qui ont choisi ce souvenir, j’ai hâte de vous envoyer vos cartes postales!
- Commander de bons repas de camping. MERCI HAPPY YAK!
J’aime organiser des voyages; je ne me tanne pas des mille et un détails auxquels penser. Le moment qui m’insécurise le plus est celui où il faut passer à l’action: les achats. Le voyage se concrétise à ce moment-là. Rêver, c’est facile (pour moi). Se lancer, c’est très nuancé.
Mes billets d’avion sont achetés. Je pars pour vrai. Pour vrai, pour vrai. Merci pour votre aide, merci de me lire et merci de partager cette expérience avec moi.
Si vous voulez un souvenir et, par la même occasion, me donner un coup de pouce financier, allez ici, j’ai prévu plein de cadeaux différents pour vous 🙂 .
Metta,
Suzanne
PS: Pour celles et ceux qui rêvent du printemps, voici quelques photos d’une promenade dans les jardins communautaires de l’Université Laval et dans les jardins Van den Hende (et l’apparition surprise d’une invitée de marque). Les jonquilles y sont presque:









