



Revenir de voyage est une étape du voyage. « Revenir » dépasse le trajet en train, en taxi, en avion; cela dépasse même le “défaisage” de valises et les lavages. Après de longs périples comme celui qui vient de s’achever, je me sens souvent désincarnée, comme un élément qui n’existe plus dans le bon écosystème – comme une plante alpine au niveau de la mer. Ça prend un moment pour se réacclimater à la maison, aussi étrange cela puisse paraître.
Coming back from a trip is part of the journey itself. “Coming back” goes beyond the train ride, the taxi, the flight; it goes beyond unpacking and doing laundry. After long adventures like the one that just ended, I often feel disembodied, like an element that no longer exists in the proper ecosystem – like an alpine plant at sea level. It takes a moment to readjust to being home, strange as that may sound.
Le retour est un moment d’ancrages, de réévaluations, d’adaptations, de rejets, de choix; c’est un chaos nécessaire. En vie commune, c’est difficile; ça demande beaucoup de moments d’arrimages. Mais quand le couple-équipe est bon, c’est puissant et la transformation continue.
“Returning” is a time of grounding, of reevaluation, of adaptation, of refusal, of choice; it is a necessary chaos. When life at home is shared with others, it is harder; it requires many quality moments to sincerely check in with one another. When the couple-team is strong, it’s powerful, and the transformation continues.
Écrire est l’une des façons dont je maintiens mon homéostasie. J’active la réalité parallèle du souvenir et retourne dans mon écosystème du voyage pour éviter une sorte de choc thermique. Ces temps-ci, j’écoute The Bothy Band et The Byrne Brothers, et je me sens à nouveau au Settle Inn un mercredi soir de musique. Lorsque j’ai le bonheur de partager un moment avec des personnes qui écoutent, je raconte des histoires de voyages – c’est un baume, et ça m’aide à me réconcilier avec le nouvel écosystème. Sinon, je marche dans le jardin avoisinant : un espace paisible, beau, aimé et soigné. Être dehors, même sans l’effort massif des journées en montagne, m’apaise.
Writing is one of the ways I maintain my homeostasis. I activate the parallel reality of memory and return to my “travel ecosystem” to avoid a kind of thermal shock. Lately, I’ve been listening to The Bothy Band and The Byrne Brothers, and I feel once again at the Settle Inn in on a Wednesday folk night. When I have the joy of sharing a moment with people who listen, I tell stories – it’s a balm, and it helps me to connect with my new ecosystem. Otherwise, I walk in the nearby garden: a peaceful, beautiful, loved, and carefully tended space. Being outside, even without the massive effort of mountain days, soothes me.
Hier, j’ai joué avec mon GPS et j’ai revisité les activités enregistrées. Il y a 17 activités qui représentent mes sorties solos en montagne – les seules pour lesquelles j’activais le suivi (pratique sécuritaire pour les randonnées en solitaire). Pour celles et ceux qui aiment les chiffres, les voici : 240 kilomètres de marche, 14 838 mètres d’ascension, 345 004 pas, 129 heures d’activité. 24 Munros, 9 sommets auxiliaires. Dans mon objectif de grimper toutes les Munros d’Écosse, j’en suis à 26 sur 282, soit 9,22%.
Yesterday, I played around with my GPS and revisited my recorded activities. There are 17 tracks representing my solo outings in the mountains – the only ones for which I activated location tracking (a safety measure for solo hikes). For those who like numbers, here they are: 240 kilometers walked, 14,838 meters of ascent, 345,004 steps, 129 hours of activity. 24 Munros, 9 subsidiary peaks. In my goal of climbing all of Scotland’s Munros, I’ve reached 26 out of 282 – that’s 9.22%.
Récapitulatif des ressources utiles :
- Le site de Walkhighlands : www.walkhighlands.co.uk
- Le blog de Jamie Aarons où elle et son conjoint racontent leur ascension de tous les sommets en 1 an : https://munrosinayear.wordpress.com
- Le livre The Munros de Rab Anderson et Tom Prentice : https://scottishmountaineeringpress.com/product/the-munros-smc/
- Les guides Walking the Munros Volume 1-2 de Steve Kew
Summary of useful resources:
- The Walkhighlands website: www.walkhighlands.co.uk
- The blog by Jamie Aarons and her partner, where they recount their climb of all the peaks within a year: https://munrosinayear.wordpress.com
- The book The Munros by Rab Anderson and Tom Prentice: https://scottishmountaineeringpress.com/product/the-munros-smc/
- The guidebooks Walking the Munros, Volumes 1–2 by Steve Kew
Mes items préférés:
- Mon chandail en laine de mérino Connec : ultra doux, ultra confortable, je l’ai acheté en deux grandeurs pour pouvoir faire du multicouche. Avec ces deux chandails (et un t-shirt en mérino), je n’avais besoin de rien d’autre qu’un imperméable. Quand j’ai les blues du voyage, je porte mon chandail – j’ai hâte à la saison froide. A+ pour Connec
- Mon sac d’hydratation platypus de 3 litres : pas de goût dégueu, pas besoin de le remplir au complet, facile d’entretien. Sans lui, j’aurais peiné à rester hydratée lors des journées de marche.
- Surprise surprise : le pad thai de Happy Yak! On ne change pas une recette gagnante 😉
- Mon collier-réconfort (j’ai fait un bracelet à mon conjoint avec un mélange de pierres, et j’ai fabriqué un collier non-encombrant pour porter les mêmes que lui)
- Mon GPS Montana
- Ma tuque en mérino 🙂
- Mon t-shirt pyjama de Xhekaj
- Mi-Coo : le cadeau de mon amour
My Favorite Items
- My Connec merino wool sweater: ultra soft, ultra comfortable. I bought it in two sizes to layer them. With those two sweaters (and a merino t-shirt), I needed nothing else but a rain shell. When I get the post-travel blues, I wear my sweater – it makes me look forward to the cold season. A+ for Connec.
- My 3-liter Platypus hydration pack: no weird taste, doesn’t need to be filled all the way, easy to clean. Without it, I would’ve struggled to stay hydrated during long walking days.
- Surprise, surprise: Happy Yak’s pad thai! You don’t mess with a winning recipe 😉
- My comfort necklace: I made a bracelet for my partner using a mix of stones and then made myself a lightweight necklace with the same ones so I could carry them too.
- My Montana GPS
- My merino beanie 🙂
- My Xhekaj pajama t-shirt
- Mi-Coo: the gift from my love











Les meilleures surprises (« on mènes-tu une bonne vie, eh ») :
- Le food truck du camping de Balmacara
- La nuit à l’hôtel de Fort Augustus
- La personne-ressource extraordinaire de la bibliothèque de l’Université de Stirling
- Chaque personne rencontrée lors des journées en montagne
- Inverie – tout de Inverie
- Le Green Gates Authentic Indian Restaurant à Stirling
- Le centre touristique écoresponsable de Glencoe
- Les chips au haggis
- L’accueil au Scone Palace, et le lunch!
- Le bon samaritain d’Édimbourg
- La table à pique-nique la plus scénique – et fortuite – de Glencoe
- Le Festival de l’espoir (Festival of hope) au GalGael Trust : un événement organisé par le centre écossais de géopoétique (Scottish Centre for Geopoetics : https://www.geopoetics.org.uk) dans un lieu surréel, beau, soigné, aimé (oui, un lieu qui me rappelle le jardin Van den Hende, mais cette fois au beau milieu d’un quartier industriel à la Red Roses de Montréal). C’est un centre qui a un impact concret sur les gens qui y oeuvrent et s’y découvrent. Je me suis sentie accueillie avec une telle chaleur et une convivialité facile. Le centre a offert un magnifique lunch sans la moindre attente. J’ai été touchée et émue par les gens que j’y ai rencontré et par le lieu lui-même. Il y a plein de façons de contribuer : faire un don, participer, faire du bénévolat, indiquer des items qu’il vous feraient plaisir d’acheter, ou participer à un événement de levée de fonds. Si vous êtes de passage à Glasgow, le GalGael Centre vaut le détour.
The Best Surprises (“Aren’t we living a good life, eh”)
- The food truck at the Balmacara campground
- The night at the hotel in Fort Augustus
- The extraordinary resource person at the University of Stirling library
- Every single person I met on mountain days
- Inverie – everything about Inverie
- The Green Gates Authentic Indian Restaurant in Stirling
- The eco-friendly visitor centre in Glencoe
- Haggis-flavored crisps
- The warm welcome at Scone Palace – and the lunch!
- The good Samaritan in Edinburgh
- The most scenic – and serendipitous – picnic table in Glencoe
- The Festival of Hope at the GalGael Trust: an event organized by the Scottish Centre for Geopoetics (https://www.geopoetics.org.uk) in a surreal, beautiful, cared-for, and well-loved place (yes, a place that reminds me of the Van den Hende Garden, but this time right in the middle of an industrial district straight out of Red Roses Montréal). It’s a centre that has a real impact on the people who work there. I felt welcomed with such warmth and easy friendliness. The centre offered a beautiful lunch without the slightest expectation. I was touched and deeply moved by the people I met there, and by the place itself. There are many ways to contribute—by donating, participating, volunteering, suggesting items you’d like to purchase, or joining a fundraising event. If you’re ever passing through Glasgow, the GalGael Centre is well worth a visit.














Entre mes journées d’écriture, d’étude ou de randonnée, les meilleures visites ont été :
Between days of writing, studying, or hiking, the best visits were :
#1 : Folk night au Settle Inn de Stirling / Folk night at the Settle Inn, Stirling
Tous les mercredis soir, les musiciens du coin se rassemblent pour partager leur amour de la musique. La soirée commence vers 19h30 et s’achève vers 23h. Si vous voulez une place assise avec les musiciens, arrivez tôt (vous aurez peut-être à céder votre place pour les musiciens – ils ont priorité!). Pour vous garantir un siège, apportez un instrument ou soyez prêt à chanter ;). Le Settle Inn est le plus vieux pub de Stirling (1733) et est un lieu convivial et chaleureux en toute simplicité. J’ai écrit un court récit sur le Settle Inn il y a quelques années… je l’ajouterai bientôt sur mon blog.
Every Wednesday evening, local musicians gather to share their love of music. The night begins around 7:30 p.m. and wraps up around 11. If you want a seat near the musicians, arrive early (though you might have to give up your chair when they start playing – musicians get priority!). To guarantee a seat, bring an instrument or be ready to sing 😉. The Settle Inn is Stirling’s oldest pub (1733) and it’s as friendly and unpretentious as it gets. I once wrote a short story about the Settle Inn a few years ago… I’ll be adding it to my blog soon.

#2 : le Palais de Scone / Scone Palace https://www.scone-palace.co.uk
Nous avions programmé le GPS vers le Palais de Scone. Nous suivions ses indications plutôt que de chercher des pancartes – l’un étant plus prévisible que l’autre. Le virage vers l’entrée était abrupt, mais rien d’énervant en comparaison avec l’entrée vers les jardins de Drummond Castle. On suivait un véhicule qui semblait savoir où aller, alors on ne s’en est pas fait jusqu’à ce qu’on atterrisse *devant* le palais…
We had set the Satnav for Scone Palace. We followed its directions rather than looking for road signs – one being more predictable than the other. The turn toward the entrance was sharp, but nothing compared to the hair-raising one for Drummond Castle Gardens. We were following a car that seemed to know where it was going, so we didn’t worry, until we found ourselves right *in front* of the palace.
Un homme s’est précipité vers nous et j’étais certaine qu’on allait se faire gravement chicaner. Il a dit que les GPS donnaient parfois ce chemin, qu’on n’était pas les premiers et qu’on ne serait pas les derniers, de traverser lentement l’allée et de rejoindre le stationnement. Holy crap… on a roulé sur l’allée de cailloux par l’entrée de la royauté… je devais être aussi rouge que mon chandail des Habs. Pierrette était au volant et elle était aussi gênée que moi. J’ai enlevé mon chandail pour être moins facilement reconnaissable aux yeux des gens qui nous ont vu traverser le parterre du château en auto.
A man rushed toward us, and I was certain we were about to get seriously scolded. Instead, he explained that Satellite navigation devices sometimes give that route, that we weren’t the first and wouldn’t be the last, and told us to drive slowly across the alley and join the parking lot. Holy crap… we had just driven up the gravel lane through the royal entrance! I must’ve been as red as my Habs sweater. Pierrette was driving, just as embarrassed as I was. I took off my sweater so people who saw us drive across the palace lawn wouldn’t recognize me as easily.
Pendant que Pierrette et Luc se préparaient – je savais que Pierrette était super gênée et réticente à l’idée de faire face à la personne de l’accueil – je suis allée au kiosque à l’entrée où on aurait dû se présenter. Le monsieur qui nous a intercepté plus tôt était là et j’allais lui offrir mes sincères excuses (mes joues brûlaient de honte) et il m’a dit avant même que je puisse exprimer quoi que ce soit : « don’t you even worry about it » – ne vous en faites même pas avec ça. Et son visage était sincère, il ne disait pas cela que pour être poli. Il m’a indiqué le comptoir où acheter nos billets (je les avais achetés en ligne avant de partir du AirBnB), puis nous a souhaité la bienvenue et une excellente visite.
While Pierrette and Luc were getting ready – I knew Pierrette was mortified at the thought of facing the person at the entrance – I went ahead to the kiosque where we should have arrived. The same man who’d stopped us earlier was there, and I was about to offer my most sincere apologies (my cheeks were burning with shame), when he said, before I could utter a word: “Don’t you even worry about it.” And his face was so genuine – he wasn’t just being polite. He pointed me to the counter to purchase our tickets (I’d already bought them online before leaving our Airbnb), then welcomed us warmly and wished us a wonderful visit.
Son attitude – l’accueil sincèrement chaleureux, comme si on était de précieux invités – a été partagée par toutes les personnes que nous avons croisées : les guides, les cuisiniers, les jardiniers. On me dit souvent que je suis hypersensible et que je m’en fais trop avec les sentiments d’autrui, et c’est sans doute la raison pour laquelle le personnel du Palais de Scone a laissé une si forte impression sur moi. Lors de visites ailleurs, je me suis sentie « de trop »… comme si je n’étais pas assez sophistiquée, trop pauvre ou carrément une intrue. Mais, au Palais de Scone, toutes les personnes avec lesquels nous avons eu la chance de discuter nous ont reçu à bras ouverts. Elles semblaient fières de leur rôle et fières de la famille qui habite le Palais, comme si elles faisaient toutes un peu partie de la famille et voulaient nous faire sentir ainsi aussi. Ce que je vais dire est cliché, mais ça m’a rappelé Downton Abbey, et le monsieur sincère m’a fait penser à Mr. Carson lorsqu’il s’adresse à Lady Mary.
His attitude – the genuinely heartfelt welcome, as though we were treasured guests – was shared by everyone we met: the guides, the cooks, the gardeners. People often tell me I’m too sensitive, that I worry too much about others’ feelings, and maybe that’s why the staff at Scone Palace left such a deep impression on me. During other visits, I sometimes felt unwelcome, as though I wasn’t refined enough, too poor, or simply an intruder. But at Scone Palace, every person we spoke with welcomed us with open arms. They seemed proud of their role, proud of the family who lives there, as if they were all part of that family, wanting us to feel the same. What I’m about to say is a cliché, but it reminded me of Downton Abbey, and that kind gentleman made me think of Mr. Carson speaking to Lady Mary.
J’ai aimé les anecdotes et les petits secrets racontées par l’un des guides; aucun pamphlet ne révèle jamais les petites histoires comme celle du livre qui renferme une flasque de whisky ou celle de la table aux multiples morceaux de marbre qui était en fait un démonstrateur en vue d’une construction majeure. J’ai aimé la liberté avec laquelle nous avons pu traverser le premier étage du Palais, et le lien fort entre la famille et le lieu.
I loved the anecdotes and little secrets shared by one of the guides – no pamphlet ever reveals stories like the one about the book hiding a whisky flask, or the table made of many pieces of marble that was actually a sample display for a major project. I loved the freedom to roam the palace’s first floor, and the strong sense of connection between the family and the place.
J’ai adoré le repas servi au Old Servants’ Hall parce qu’il était délicieux, mais surtout parce que plusieurs des ingrédients provenaient de leurs propres jardins. Tous les endroits avec de tels jardins ne gèrent pas aussi bien leur récolte et, ailleurs, nous avons vu beaucoup d’aliments pourrir sur le plan par simple manque d’organisation ou de clarté quant aux permissions et procédures.
I adored the meal served in the Old Servants’ Hall – not only because it was delicious, but because many of the ingredients came from their own gardens. Not every estate manages its harvest so well; elsewhere, we’d seen food go to waste simply from disorganization or confusion about permissions and procedures.
J’ai aimé la promenade dans les jardins et le parc, les lieux invitants et les consignes claires – sans blagues, j’apprécie une pancarte qui dit « soyez les bienvenus dans nos jardins, n’hésitez pas à explorer, nous vous demandons simplement de bien refermer la porte derrière vous ». Dans tous les lieux, de plusieurs façons différentes, j’ai senti le soin et l’amour des choses bien faites. Si je le pouvais, je vous inviterais toutes et tous à partager un moment ensemble dans ce lieu exceptionnel.
I loved walking through the gardens and park – the welcoming paths, the clear signs (honestly, I appreciate a sign that says: “Please enjoy our gardens, feel free to explore; we only ask that you close the gate behind you.”). Everywhere, in countless little ways, I felt the care and the love. If I could, I’d invite all of you to share a moment together in that extraordinary place.
Voyez cet article pour découvrir le point de vue d’une personne qui y travaille : https://www.scone-palace.co.uk/news/working-in-a-palace
See this article to discover the perspective of someone who works there: https://www.scone-palace.co.uk/news/working-in-a-palace











#3 : Dumyat
Ah, Dumyat, la colline de Stirling. Elle offre la plus belle vue du Château de Stirling, et la meilleure escapade à pied depuis le campus. Je ne compte plus le nombre de fois où je l’ai gravi pendant mon année d’études là-bas, ou pendant mon séjour cet été. Pour les marcheurs plus aguerri, le départ se trouve tout en bas, sur le campus ou même à Bridge of Allan. Pour celles et ceux qui préfèrent tester leurs forces, on commence à mi-chemin de l’ascension, dans le stationnement de la forêt de Pendreich.
Ah, Dumyat – the hill of Stirling. It offers the best view of Stirling Castle and the finest walking escape from campus. I’ve lost count of how many times I’ve climbed it during my year of study there and again during my stay this summer. For seasoned hikers, the trailhead starts at the very bottom, from campus or even from Bridge of Allan. For those who prefer to test their strength, you can start halfway up at the Pendreich forest parking area.
Au début de l’été, gravir Dumyat a été difficile. Au fur et à mesure que l’été avançais et que j’amassais de l’expérience en montagne, le trajet vers son sommet a changé. J’ai été essoufflée à chaque fois, mais la distance me semblait de moins en moins longue. À force de faire des sorties de 6-7-8 heures de marche, ma tolérance à l’ascension – et à l’essoufflement – a augmenté. On peut grimper Dumyat d’un coup, rapidement, en serrant les dents, et reprendre son souffle au sommet. Mais lors de sortie plus longue comme Ben Lomond, Mayar ou An Caisteal, il faut reprendre son souffle pendant l’ascension… on ne peut pas s’ambitionner en attendant le sommet. Ça a été ma plus belle leçon de l’été : apprendre à me reposer dans l’effort. C’est possible, c’est magique – c’est de l’alchimie. Pour moi, ça demande de marcher très *très* lentement, mais si je suis sensible à mon rythme, j’y arrive.
At the beginning of the summer, climbing Dumyat was hard. As the summer went on and I gained more mountain experience, the path to the summit changed for me. I was breathless every time, but the distance felt shorter and shorter. After so many 6–7–8-hour hikes, my tolerance for ascent – and for breathlessness – had grown. You can climb Dumyat all at once, quickly, gritting your teeth and catching your breath at the top. But on longer hikes like Ben Lomond, Mayar, or An Caisteal, you have to breathe during the climb – you can’t push yourself waiting for the summit. That was my greatest lesson of the summer: learning to rest during the effort. It’s possible, it’s magical – it’s alchemy. For me, it means walking very very slowly, but if I stay mindful of my rhythm, I can do it.
Dumyat a aussi été une bonne randonnée de test avec mon conjoint et avec mes parents. C’est une marche qui offre plusieurs « sorties de secours » et, à la fois, qui permet de prendre conscience de nos besoins lors d’une vraie randonnée : apporter quelle quantité d’eau? Utiliser les bâtons à partir de quel moment? Prévoir combien de repas? Alléger le sac à dos de combien de livres? Avec Phil, ça nous a permis d’être beaucoup mieux préparés pour notre marche de 11h (3 Munros, 21 kilomètres, 1400 mètres d’ascension).
Dumyat was also a perfect test hike with my partner and with my parents. It’s a walk with several “escape routes,” yet it also helps you become aware of your needs on a real hike: how much water to bring, when to start using trekking poles, how many meals to plan, how much weight to shed from your backpack, etc. With Phil, it helped us prepare much better for our 11-hour hike – three Munros, 21 kilometers, 1,400 meters of ascent.







Cette année, l’automne au Québec est chaud et sec. Les feuilles se colorent. Les sentiers craquèlent. En l’absence d’eau, l’automne a un parfum de feu. Marcher au sec est facile et peut être agréable. Je préfère de loin la pluie froide d’octobre qui libère les odeurs d’humus et de feuilles qui retournent à la terre. Ces mêmes feuilles, durcies par la mort de la chlorophylle, contribuent de façon plus vive à la musique de la pluie. L’automne est à son meilleur sous l’ondée, et je rêve de journées pluvieuses pour marcher.
This year, autumn in Quebec is warm and dry. The leaves are changing colour. The trails crackle. In the absence of water, fall smells like fire. Walking on dry ground is easy – and can be pleasant. But I much prefer October’s cold rain that releases the scents of humus and leaves returning to the earth. Those same leaves, stiffened by the death of chlorophyll, add their sharper notes to the music of the rain. Autumn is at its best under rainfall, and I dream of rainy days to walk in.




Combien de fois ai-je entendu que l’été était beau en Écosse, cette année? Un été de soleil et de canicules est, pour moi, rien de moins qu’un calvaire. J’ai choisi l’Écosse pour sa fraîcheur et pour son ciel couvert; je n’avais pas prévu que mon progrès serait freiné par un ciel au plafond infini et des insolations. Quand j’y retournerai, ce sera pour marcher sur un sol gelé, armée de mes chandails de laine et de ma lampe frontale. Je suis une créature de pluie et d’hiver, et la nuit ne me fait pas peur.
How many times did I hear that the summer was beautiful in Scotland this year? For me, a summer of sunshine and heatwaves is nothing short of torment. I chose Scotland for its coolness and its overcast skies; I hadn’t planned for my progress to be hindered by an endless sky and sunburns. When I return, it will be to walk on frozen ground, wrapped in my wool sweaters and armed with a headlamp. I am a creature of rain and winter, and the night doesn’t frighten me.
À bientôt pour d’autres souvenirs et, éventuellement, d’autres histoires du terrain. Prenez soin de vous et faites des choix qui sont bons pour vous, mes ami-es.
See you soon for more memories – and, eventually, more stories from the trail. Take care, and make choices that are good for you, my friends.
Loved every word and really admire and envy your wonderful outlook
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Thank you for reading, Vivien! Hope you are happy and well, and that we will have a chance to meet up when I come back 🙂
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